Je n’aime pas – « L’aphile : reste à terre ou relève-toi »
Je n’aime pas – « L’aphile : reste à terre ou relève-toi »
Texte du 10/11/2020 par MelCreativeGirl
« Ne garde pas dans ta vie ceux qui ne l’embellissent pas. »
Les gens qui ne s’aiment pas, ne t’aiment pas. Ce n’est pas tant qu’ils ne le souhaitent pas, c’est qu’ils en sont incapables. Ils présentent un déficit d’amour de soi qui fait qu’ils sont aphiles - oui, j’invente ce mot : l’aphilie / être aphile / un aphile, pour désigner cette inaptitude à (s’)aimer.
« Tu es aphile quand tu n’as pas la volonté de te détourner de tes peurs et d'accepter de te rendre heureux tout seul. »
Les aphiles sont caractérisés par cette indifférence, souvent non dissimulée. Ils ne sont pas bienveillants et souvent, ne voient qu’eux. Comme quand, en ta présence, ils ne détournent pas les yeux de leur portable pour te parler, ou ne répondent pas à tes commentaires sur leurs publications. C’est aussi ce manque flagrant de courage pour aller vers toi, de curiosité et d’attention, pour simplement t’aborder, soutenir le regard, échanger une parole et faire un peu connaissance. Ou encore cette absence de motivation, d’élan et de tendresse pour partager un petit quelque chose, un sourire, un trait d’humour, un compliment… C’est parfois le refus direct et affiché, par la lâcheté et la fuite, le mensonge et le rejet, jusqu’au silence glacial de l’abandon.
« Il y a des gens tellement froids qu’ils te glacent jusqu’à l’os d’un seul regard. »
L’indélicatesse de l’hypocrisie, de la confiance impossible et parfois, le mépris de l’irrespect. Se connaît-on ? Apparemment non. Voudrais-tu me connaître ? A l’évidence non. Car ce qui est sûr, c’est que si tu voulais me connaître, tu saurais trouver du temps pour le faire. Mais en retour, je te dirais que
« Il ne sert à rien de s’intéresser aux gens qui ne t’incluent pas dans leur vie. »
Ils font semblant d’être importants, d’être demandés, aimés et entourés. Ils te feront comprendre ne pas avoir besoin de toi, ni de temps à t’accorder, quitte à te mentir. Tu te sentiras ignoré/e et indésirable. Certains te diront même n’avoir rien à t’offrir pour mieux s’offrir à d’autres sous tes yeux. En ce cas, tout est dit. Laissons-les alors s’éloigner. Après tout,
« Ne te manque pas ce(lui) qui t‘a fait mal. »
Restons-en là avec eux et passons à autre chose avec d’autres ; de ceux qui sont heureux de vivre et d’aimer, conscients de ta valeur et prêts à croire en toi donc en eux, pour rendre le nous possible. Oui car toute relation réussie et heureuse, d’amitié ou davantage, implique la réciprocité de volonté et d’Amour pour s’y investir pleinement et la faire durer.
Peut-on au fond leur en vouloir ? Quand on comprend que cette façon de te traiter est aussi celle dont ils se traitent inconsciemment ? Garder rancune, colère, avoir envie de se venger, éprouver de la jalousie ? Non, ce serait ajouter son propre mal au leur, et faire preuve de négligence intellectuelle. Et il y en a bien assez de la leur. En effet, l’ignorance et la bêtise décuplent le mal.
« L’aphile est trop occupé à ne pas s’aimer ou te faire souffrir, pour t’aimer. »
Comment peuvent-ils t’accepter, t’aimer, te vouloir ou seulement te voir dans ce que tu es, du moment qu’ils sont occupés à se rejeter et à en souffrir ?
« Dans l’inconscience de ta peur d’aimer, tu souffres de ton incapacité à recevoir l’amour et à donner le tien. »
Tournés vers ce qui a été et ce qu’ils ont été, c’est-à-dire vers leur passé, ils ne peuvent se tourner vers toi qui apparais dans leur présent. Ils ne peuvent encore moins t’envisager dans leur futur, puisqu’ils y ont renoncé en se faisant prisonnier du temps. Oui, ils se sont rendus inaccessibles.
« Renoncer à son futur en vivant encore dans son passé, c’est s’interdire le présent et donc le temps d’aimer. »
Ils mettent toute leur énergie et tout leur temps, à cacher et taire ce qu’ils ressentent. Ils répriment leurs sentiments et leur sensibilité, puis s’interdisent l’expression et l’acceptation de l’Amour. Ils perdent également beaucoup en santé mentale. Ils goûtent à la folie, à la panique et à la dissociation, du fait de ressasser les évènements et agissements du passé, ainsi qu’à se construire une fausse identité. Enfin, ils se rendent malades de corps et d'esprit, en s’engageant dans des relations de sacrifice avec les autres. Par exemple, en voulant les rendre heureux et en se sentant responsables de leur bonheur, sans d’abord s’offrir l’Amour de Soi. En effet, aimer quelqu’un sans s’aimer, c’est se sacrifier, se rendre esclave, en lui donnant tout pouvoir sur sa vie. C’est lui filer l’arme avec laquelle nous voulons être tué, parce qu’on n’a pas le courage d’appuyer tout seul sur la gâchette. C’est la façon la plus lâche de se détruire, tout en accusant et culpabilisant l’autre d’être responsable de ses malheurs. Ainsi, le mal appelle le mal.
« Un aphile ne voit pas ou ne veut pas voir l’Amour ; il ne peut alors accueillir celui qui s’offre à lui, ni faire sien celui qu’il ressent. »
Ils dissimulent alors leur véritable nature, leur moi authentique et leur force d’aimer qu’ils enfouissent au plus profond d’eux. Chercher l’amour en eux est vain. Ils n’en ont pas pour eux donc ils n’en ont pas pour toi. Même si au fond, ce n’est certainement pas ce qu’ils souhaitent, ils en souffrent et en font souffrir ceux qu’ils voudraient aimer… Par contre, certains sont prêts à tout pour avoir ton Amour et il te faudra beaucoup de détermination pour renoncer à eux et les éloigner de ta vie, s’il ne t’apportent rien de bon.
« Ressentir l’abandon, c’est devoir renoncer à partager son temps de vie avec ceux qu’on aime ; c'est en quelque sorte accepter leur deuil mais de leur vivant. »
Ils n’ont même pas la volonté de s’aimer pour t’aimer. Si tu as l’œil, et c’est le cas de le dire, tu verras leur potentiel d’amour, malheureusement réprimé, dans leur regard et leur attitude auprès des enfants et des personnes âgées. En effet, on ne peut masquer le regard, à moins de le détourner en permanence ou tenter de le contrôler, et bien souvent, on ne réprime pas la tendresse avec les enfants. Mais cela non plus, ce n’est pas le cas de tout le monde.
Ces gens n’ont pas d’empathie et encore moins de compassion pour toi. Ils ne sont qu’égoïsme et égocentrisme du fait de leurs peurs, qu’eux seuls peuvent comprendre et dépasser. Leur peur d’aimer les bloque à s’ouvrir et s’intéresser aux autres. Ils se font les questions et les réponses tout seuls, en pensant pour eux. L’ego prend alors le dessus et répond par la négativité brute du faux-moi, c’est à dire la tendance au mensonge, à la dévalorisation, la culpabilité, la haine, la honte, l’indécision, la défiance, la lâcheté, jusqu’à l’inaction totale, qui est le reflet direct du rejet et de l’abandon de soi.
« Sans même s’en rendre compte, les gens peuvent devenir franchement égoïstes quand ils sont tournés vers leurs peurs. »
Ils ne sauront pas s’excuser quand tu leur diras que leurs comportements t’ont blessé/e, ni en prendre la pleine mesure, parce qu’ils n’ont pas conscience du mal qu’ils se font et donc qu’ils te font. Ils te diront certainement que le problème vient de toi et que tu leur reproches toujours plein de choses. Peut-être ne te diront-ils rien du tout puisque tu n’existes même pas à leurs yeux. S’excuser implique avoir réalisé être à l’origine de ton mal. En somme, quand viennent les excuses, vient aussi le pardon, car demander pardon à l’autre c’est aussi se demander pardon pour ce qui a été fait. Tu ne réalises souvent la douleur infligée aux autres que quand tu la subis à ton tour. Et tu t’excuses quand tu comprends que tu en es la cause en demandant pardon. C’est pour cela que
« Le pardon exige compassion, et en premier lieu envers soi-même. »
Il est normal d’avoir des peurs. Mais il n’est pas normal d’en souffrir et d’en faire souffrir les autres et encore moins de le faire en état de conscience. L’Acceptation de nos souffrances nous amène face à deux possibilités. Oui, deux choix de vie primordiaux. Le premier est la résignation par l’inaction et lâcheté. C’est se soumettre à la souffrance, sans en chercher l’origine pour la faire cesser. C’est continuer à accuser les autres, persister dans son rôle de victime au petit cœur brisé. C’est s’abandonner une fois de plus, renoncer à soi en retournant se perdre dans les boucles de souffrances récurrentes. C’est s’offrir les regrets douloureux de ne pas avoir su saisir sa chance quand l’opportunité se présentait.
« Tout le monde fait des erreurs dans la vie, mais la plus grande est l’inaction, car elle mène inexorablement aux regrets. »
C’est compter encore sur les autres pour qu’ils t’aiment à ta place. Les attentes sont sources d’attachements malsains et de souffrances. En effet, les privations et les déceptions s’enchaînent car tu leur accordes ce dont tu te prives, et tu es déçu de ne pas avoir le retour quand tu en as le besoin. En gros, tu souffres doublement et ton existence est très malheureuse. Peut-être souhaites-tu y mettre un terme, mais comme pour tout, tu manques cruellement de volonté pour y arriver…
« L’attente peut être longue, elle peut prendre toute une vie et l'abandon, toute ta vie. »
Les autres ne sont pas toi, ils pensent et agissent différemment. Il n’y a que toi qui peux te connaître et te contenter. D’ailleurs, s’ils sont également aphiles, il faut savoir que leurs interactions avec toi sont l’expression de leurs peurs… Et dans ce cas,
« Que vaut un Je t’aime d’une personne qui ne s’aime pas elle-même ? »
Il est bon alors de se poser la question, s’il est utile de se sacrifier pour ces personnes qui ne te voient pas dans ce que tu es, dans ce que tu donnes, qui ne réalisent pas ta valeur, et mésestiment la force d’Amour que tu peux leur envoyer…
Tu es certainement encore là, à penser que les autres peuvent t’aider, à croire que les médicaments vont te guérir. Mais ton corps souffre par ton fait et les symptômes ressentis sont là pour te signifier que tu ne t’accordes pas ce qui est bon, que tu as emprunté le chemin de la mort. Tu guéris quand tu te rends libre d’exprimer ton Amour et tes volontés, quand tu dis ce que tu as sur le cœur et que tu t’affranchis de tes dépendances aux autres.
« La guérison n’est que volonté d’acceptation et d’expression de l’Amour du Soi. »
Le deuxième choix possible est le changement par la volonté et le courage d’agir. C’est éviter la souffrance, en cherchant l’origine de ce mal en toi. C’est se responsabiliser au lieu d’accuser les autres.
« Quand tu n’apprends pas de tes erreurs, tu les appelles toi-même à se renouveler, jusqu'à ce que tu te remettes enfin en question (ou pas). »
C’est lutter contre ses propres démons qui ne sont autres que tes peurs. Bien les regarder, les identifier pour les accepter et avoir la volonté d’arrêter d’en souffrir. C’est accepter d’avoir peur, d’être vulnérable et exprimer sa sensibilité. C’est accepter ne pas tout contrôler et lâcher prise. Accepter ne pas plaire à tout le monde, en agissant dans son seul intérêt, en fixant ses limites et en sachant dire non. C’est accepter de faire de soi sa priorité, être généreux envers soi et s’autoriser ce qui est bon, en faisant de bons choix et en prenant du temps pour son bien-être. C’est accepter avoir propagé le mal et fait souffrir d’autres que soi, c’est donc (se) pardonner. C’est aussi la meilleure revanche que l’on peut s’accorder, envers ceux qui nous mettent à terre et s’en réjouissent.
« Vouloir se relever de ses peurs et souffrances pour enfin vivre sa vie, c’est s’accepter et s’aimer. »
C’est se donner la chance d’un nouveau départ, comprendre que ce qui nous est arrivé ne nous définit pas. Ce n’était qu’expériences, desquelles il faut tirer les leçons de vie, les sagesses et les envies de vivre quelque chose de bien plus beau. De ces aspirations à devenir meilleur, de se libérer de ce que l’on a été et du jugement des autres, de s’épanouir durablement dans les plaisirs du soi retrouvés, par l’explosion de l’Amour trop longtemps réprimé. Faire preuve de courage pour se trouver, réaliser ses rêves d’amour, ses désirs de vie et de création d’un foyer, viser l’accomplissement de soi en faisant le bien autour de soi.
« Ceux qui souffrent ont le choix de rester à terre pour subir tout ce qui leur arrive ou de se relever pour vivre leur vie. »
Mais quoi qu’on dise, on a toujours le choix, et quoi qu’il en soit,
« Un bon choix implique volonté. »
10 novembre 2020
Mel
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